Accueil > 31 Pyramides de chaussures > Témoignage du terrain
ImprimerfacebookEnvoyer a un ami
 

Chantava – Victime d’une sous-munition

© Handicap International

Chantava, victime d’une sous-munition au Laos raconte les difficultés rencontrées pendant et après son accident :

« Je vivais dans le sud du Laos, lorsque mon accident est survenu. Mon mari et moi avions amené nos enfants au travail dans les champs à environ un kilomètre de l'endroit où nous vivions. Mon mari avait pris les buffles et pour réaliser les travaux de labourage des champs, alors que mes trois enfants et moi, nous sommes allés à la recherche de pousses de bambou. La collecte de pousses de bambou a toujours été une bonne façon de réduire les dépenses de la famille.
J’utilisais une houe pour trouver les pousses de bambou quand j’ai frappé une bombe cachée sous le terrain. La munition a explosé tout de suite, et je suis restée sur place, souffrant affreusement. Mon mari et mes enfants étaient assez près de moi pour me trouver rapidement et voir que j'étais étendue sur le sol, baignant dans le sang.
Ils ont réussi à me faire passer la rivière Xe avec un petit tracteur pour me transporter à l'hôpital de district Xepon. Il a fallu quarante minutes pour atteindre l'hôpital, où j'ai été soignée pendant une semaine. L'hôpital de district n’était pas adapté pour guérir ma blessure et j'ai été renvoyée à l’hôpital provincial de Savannahkhet, où je suis restée pendant deux mois. L'os de ma jambe droite était si mal fracturé que le médecin a dû l'amputer.
Ensuite nous avons dû vendre six buffles et mes parents m’ont donné de l’argent pour payer mon traitement. Le fait de ne pas être en mesure de me déplacer avec une grande facilité a eu un grand impact sur la façon dont je peux m'occuper de mes enfants. Cet accident a été un moment très difficile. »


Le Laos est un pays où l’agriculture reste la principale source de revenu. Elle représente 42% du PIB du pays et 80% de l'emploi total en 2009(1).
Or, au Laos, quarante ans après le conflit, 50% des terres arables sont pollués par les restes explosifs de guerre(2). 
Un village sur quatre est pollué par les sous-munitions.

(1) Atlaséco, ouvrage collectif, publication Médiaobs, Paris, décembre 2009
(2) Circle of impact, the fatal footprint of cluster munitions on people and communities, Handicap International, mai 2007