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L'accès aux terres agricoles

Les mines et les BASM posent une entrave majeure au développement des pays pollués, dont l'économie repose majoritairement sur l'agriculture.

Qu'un champ renferme deux mines ou mille, il ne peut pas être exploité par une communauté qui se voit donc priver de la possibilité de l’utiliser pour la culture ou le pâturage du bétail.

La présence de mines et sous-munitions non explosées représentent donc un obstacle à la réalisation du premier des « Objectifs du Millénaire pour le Développement » : réduire l'extrême pauvreté et la faim.

 

Exemple du Liban

© Z. Johnson / Handicap International

Au Liban, suite aux bombardements israéliens de l’été 2006, quatre millions de sous-munitions ont été déversées dans le sud du pays. Un million d’entre elles n’a pas explosé. Après 72h de bombardements, plus d’un tiers des terres dédiées à la culture et au pâturage au Sud-Liban est devenu inexploitable à cause de la présence d’engins non explosés.(1) Plus de 3 000 cultivateurs ont ainsi été directement impactés par la présence de sous-munitions sur leurs terres.(2) L’impact économique des sous-munitions sur l’agriculture est estimé à près de 150 millions de dollars entre septembre 2006 et juin 2009 (cette somme englobe le coût du déminage des terres, ainsi que la perte économique liée à leur inexploitation).(3)

Sources :
(1) Op. Cit
(2) The economic impact of cluster munition contamination in Lebanon, Landmine Action, mai 2008
(3) Op.
Cit

 

Exemple du Laos

Le Laos, l'un des plus petits Etats d'Asie, détient le triste record de pays le plus pollué au monde par les sous-munitions. Entre 1964 et 1973, en pleine guerre du Vietnam, les Etats-Unis ont déversé plus de 270  millions de sous-munitions sur le territoire laotien. 80 millions d'entre elles n'ont pas explosé à l'impact.

Près de 40 ans après le fin du conflit, un camp sur deux est toujours pollué, alors même que l'économie du pays repose essentiellement sur l'agriculture. Certains paysans et leurs enfants courent le risque de pénétrer dans des champs minés, n'ayant d'autres choix pour assurer leur subsistance et celle de leur famille ou de leur communauté.

Norva Lee raconte son accident survenu en 1992, dans son village de Nam Panh (district de Khamkeut).

« Mon accident est survenu il y a près de 20 ans, lorsque six amis et moi étions dans la forêt pour chasser. Nous nous sommes aventurés à quelques kilomètres de mon village. Nous nous sommes séparés quand nous sommes arrivés dans la forêt. J’étais seul quand j’ai marché sur une bombelette qui trainait par terre. Elle a explosé, et j'ai été très touché. J'avais perdu ma jambe gauche, et avait des éclats de bombe dans tout mon corps. La douleur était une vraie torture. Mes amis m'ont trouvé, me tordant sur le sol, couvert de sang. Ils ont demandé à mon frère cadet de dire à mes parents et aux villageois de venir me chercher. A cette époque, il n'y avait pas de voiture, de dispensaire ou d’hôpital dans le coin. Les villageois qui sont venus nous aider ont dû me porter sur sept kilomètres, ce qui a pris deux heures.

Pendant deux ans j'ai été traité par un médecin traditionnel, mais avec le temps, il est devenu évident que je n'arrivais pas bien à récupérer de cet accident. J'ai eu d’autres soins dans un hôpital pendant six mois, et j’ai eu une jambe artificielle pour que je puisse marcher dans le village.

L'accident a affecté ma vie de façon significative. A cause de la perte de ma jambe gauche il m’est très difficile de me déplacer. 

Ma famille m'a aidé à passer à travers le temps initial suite de mon accident, et finalement je suis redevenu autonome. Je tiens à être utile pour que je puisse mieux contribuer aux finances de la famille. »